café polyamour Lyon

Curieux du café poly mais la flemme de sortir de chez vous ? Cet article est pour vous

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous présenter le café poly de Lyon. Je trouve que les lieux de parole autour de la sexualité et de l’amour sont plutôt rares, et je souhaite les mettre en avant. En effet, je suis persuadée que ramener des sujets intimes dans l’espace public, dans un cadre bienveillant et sans honte, participe au recul des tabous. Quelle que soit votre avancée sur votre chemin personnel, je vous invite à participer (ou juste observer si vous êtes timide) à ces cafés. Vous pouvez même être vierge et célibataire et y aller ! Ce ne peut être que bénéfique, et ouvrir votre horizon de possibilités.

Un café poly ?

Poly pour polyamour : le café poly a pour but de réunir des personnes bienveillantes pour échanger sur le sujet des relations polyamoureuses. Cela se passe dans un bar ou un restaurant, à une fréquence d’une fois par mois (le 1er jeudi de chaque mois dans le cas du café poly de Lyon).

 

Quelles règles ?

Pour que la rencontre reste bienveillante et ne dérape pas, l’animateur (Olivier Daunay pour Lyon), rappelle les règles en début de séance :

  • Tolérance : ici on accepte sans juger les personnes qui ne se conforment pas aux normes ;
  • Bienveillance: ici on ne tolère pas les rapports de force ;
  • Chaque parole se vaut: ici, on ne coupe pas la parole, et on fait attention à ne pas confisquer le temps de parole des autres ;
  • L’expérience personnelle est au centre des échanges: ici on parle à la première personne, on ne parle pas de généralités ;
  • Absence de gourou: ici personne ne nous dit à quoi doit ressembler notre expérience, personne ne peut affirmer connaître le polyamour mieux que les autres puisque c’est un voyage personnel.

 

Qui participe ?

Tout le monde est bienvenu. Lorsque j’ai participé au café poly de Lyon, on était une vingtaine de personnes d’horizons divers. Les gens étaient venus seuls ou en couple. Certains étaient en couple polyamoureux, d’autres en couple exclusif qui souhaite s’ouvrir mais s’informe sur l’art et la manière avant de passer à l’acte, d’autres curieux de ce mode de vie, une personne se définissait comme demi-sexuelle, une autre comme poly-romantique, une dernière comme célibataire polyamoureuse.

 

Comment ça se passe ?

Au café poly, on partage ses réflexions, craintes, joies et problèmes rencontrés dans son expérience polyamoureuse personnelle. Même si le sujet est toujours le même, j’imagine que le déroulement exact de ce genre de café est différent selon l’animateur et les participants.

 

Je vais vous raconter comment s’est déroulé le café poly de Lyon pour vous faire une idée plus précise. L’échange a commencé par un 1er tour de table pendant lequel chacun s’est présenté (s’il le souhaitait) et exposait son rapport personnel au polyamour.

Un 2ème tour de table a suivi. Cette fois, il s’agissait de partager nos problèmes persos concernant le polyamour. Chacun a pu poser sur la table ses interrogations, auxquelles le groupe allait apporter des solutions par la suite. L’animateur a alors identifié deux thèmes principaux :

  • (1) PRATIQUE : comment en parler, hiérarchiser les différentes relations ou non, comment gérer la distance et la sexualité,
  • (2) HIÉRARCHIE : doit-on hiérarchiser ses différentes relations amoureuses, , si oui comment cela se passe.

Nous nous sommes ensuite scindés en deux groupes d’une dizaine de personnes : un groupe par grand thème. L’intérêt des groupes de petite taille est d’élaborer une véritable conversation entre participants, car on a souvent la parole. Chacun était libre d’aller dans l’un ou l’autre des groupes. Les échanges ont commencé autour du thème donné puis ont laissé place à de nouvelles interrogations au fur et à mesure de la soirée. Ca avait commencé à 20h30, et il n’y avait pas d’heure de fin. Je suis partie à 23h30 et il restait encore 7-8 personnes.

Soirée discussion polyamour à Lyon, photo de la table avec les participants
On a commencé la soirée par manger un bout, ou boire un verre, selon l’envie de chacun.

Bon et sinon… Qu’est-ce qu’on raconte dans ce café ?

J’ai louvoyé entre les deux groupes de discussion pour vous retranscrire au mieux les échanges. Voici quelques-unes des réflexions de la soirée, regroupées par sous-thèmes de discussion. Je les ai notées telles quelles, donc le « je » représente la personne qui s’exprimait (non pas moi la blogueuse Morgane) :

 

Les joies du polyamour

« Passer de 1 à 2 relations, c’est comme passer de la 2D à la 3D.

  • On est différent avec chacune de nos relations et ainsi le polyamour permet d’explorer différentes facettes de soi-même.
  • Vivre plusieurs relations amoureuses en même temps, c’est multiplier les moments de bonheur amoureux.
  • Une des vertus du polyamour est d’être armé pour attendre.
  • La symétrie des expériences permet d’évoluer ensemble : j’évolue en même temps que mon compagnon qui s’est lancé dans le polyamour en même temps que moi.
  • Dans les moments difficiles, avoir plusieurs partenaires nous donne plus de soutien.
  • J’aime être en relation avec des polyamoureux car je trouve que ce sont des gens qui acceptent de lire des livres, de réfléchir à leur chemin de relation amoureuse. Et à mon avis, quand on cherche à comprendre, on s’améliore. »

 

Réflexions philosophiques sur l’amour et le polyamour

« Que permet le polyamour ?

  • De donner de l’amour à plein de personnes en même temps, tout comme on partage l’amitié avec plusieurs personnes, et l’amour pour ses différents enfants.
  • D’échapper à l’aspect économique de la relation (propriété, trésor, possession). La relation n’est plus une propriété : on n’A pas quelqu’un.
  • De s’affranchir de la notion de jalousie. Dans les relations exclusives, c’est presque une vertu d’être jaloux, car cela montre qu’on tient à l’autre. En polyamour, on montre qu’on aime l’autre en le laissant libre, en le laissant partir ailleurs, puis revenir.
  • Egalité de droits entre les partenaires : autant la femme que l’homme est en droit de tomber amoureux de quelqu’un d’autre et d’établir une relation avec. Cela remet en cause le patriarcat : il est totalement accepté que la femme ait des amants ou des amoureux autres que son mari.
  • On n’est pas obligé de détruire une relation pour pouvoir se mettre avec quelqu’un d’autre (la tromperie n’est plus une raison valable de divorce). »

« Il n’y a pas de recette en polyamour, chacun se fait sa propre expérience.

  • Il y a des intégristes du polyamour qui disent que ceux qui trompent leur femme ne peuvent pas être polyamoureux. »

Réflexions autour de la notion de couple

« C’est quoi être en couple ?

  • Partager une sexualité avec l’autre, avoir des enfants ensemble, vivre ensemble, avoir des projets communs, … ? Moi j’ai plein d’amants mais je m’estime célibataire.
  • Je déteste la notion de couple.
  • Je me définis comme polyamoureuse mais je suis actuellement célibataire. »

 

Hiérarchie

« Il existe deux formes de hiérarchie entre les différentes relations polyamoureuses :

  • Hiérarchie de fait = sans le vouloir, une relation devient principale, secondaire ou tertiaire selon certains facteurs objectifs : durée de la relation, distance géographique (hiérarchie non voulue : il se trouve que je passe plus de temps avec les personnes les plus proches de mon lieu de vie), relations avec lesquelles j’ai des enfants, je partage un toit, un projet professionnel, personnes avec qui je fais l’amour protégé-e ou non, …
  • Hiérarchie réelle = place que prend chaque personne dans ma tête. »

« Cette hiérarchie peut être mouvante, lorsqu’une amitié se transforme en amour par exemple, et inversement. »

 

Transparence dans la(les) relation(s)

« Où commence et s’arrête la transparence ?

  • Est-ce nécessaire d’être transparent ? Que dois-je dire à mon partenaire A de ce qu’il se passe avec mon partenaire B ?
  • J’avais un compagnon qui voulait que je lui dise tout : où je vais, ce que je fais et avec qui. Pour moi c’était trop.
  • Si un amoureux souhaite trop en savoir sur ce qu’on fait, attention à la manipulation sous-jacente. Est-ce qu’il ne cherche pas à exercer une forme de contrôle sur ta vie ?
  • Il n’y a pas de règles dans la transparence, c’est à toi de définir avec l’autre jusqu’où tu vas dans la transparence.
  • Dans le polyamour, même si on a déterminé avec un amoureux A qu’on ne racontait pas ce qu’il se passait avec B, le bien-être de la relation avec B impactera de toute façon ma relation avec A. A saura alors de façon indirecte l’état de ma relation avec B. Les relations sont des vases communicants.
  • Si on veut que notre partenaire nous épargne complètement lorsqu’il va mal à cause d’une autre relation, cela revient à lui demander de se couper de nous. Pour empêcher le mal-être d’une relation de colorer une autre relation, la personne devra scinder tragiquement sa vie et ne pas être entier avec nous. »

 

Peut-on voir ses différents amoureux et amoureuses en même temps ?

« Parfois, je vois mes amoureuses en même temps, cela permet en quelque sorte de pallier le manque de temps à consacrer à chacune.

  • Moi c’est différent, comme je ne vis pas la même chose avec chaque partenaire, j’ai de la difficulté à les voir en même temps.
  • Pour moi aussi c’est compliqué de passer du temps à plusieurs : j’ai besoin de me concentrer sur une seule personne à la fois, et je n’arrive pas à passer facilement de l’une à l’autre. »

 

Les difficultés en polyamour

« Vivre le polyamour, c’est pas toujours facile :

  • On peut être complètement d’accord avec la théorie, mais au moment de la mise en pratique, l’inconscient arrive au galop… Et sans s’y attendre, on peut être sujet à des émotions très douloureuses qu’on ne maîtrise pas. Ces réactions sont personnelles et diffèrent selon nos blessures propres. Il peut s’agir de jalousie, sentiment de trahison, peur de l’abandon, ….
  • Le diable est dans les détails. Par exemple, lorsqu’un couple choisit de s’ouvrir au polyamour, il y aura un des deux qui va commencer avant l’autre. Et ce genre de détails futiles peut amener des conflits au sein de ce couple.
  • Ma morale essaye de m’empêcher d’être amoureux de deux personnes à la fois.
  • Se lancer dans le polyamour est un risque pour le couple, mais aussi pour la personne célibataire qui a peur de se rapprocher d’un couple, d’être « utilisée » pour lui permettre de « se réparer » puis d’être jetée ensuite.
  • Moi je rencontre sur Okcupid qui me permet de me protéger : j’annonce d’avance que je suis polyamoureuse.
  • Le problème, c’est qu’on comprend ce qui nous intéresse. Par exemple, je suis en couple et on choisit conjointement de s’ouvrir au polyamour. Nous sommes tous les deux d’accord sur le concept, mais quand on passe à la réalisation, en fait on n’est pas si d’accord que ça. J’accepte que mon mari aime une autre femme mais pas qu’il couche avec. »

 

La poly-saturation

Quand on entretient 2, 3 ou même 4 relations amoureuses en même temps, cela multiplie les moments de bonheur mais aussi les moments difficiles, cela fait plus de choses à gérer, d’informations à retenir, etc. Quand cela devient trop, on est alors poly-saturé.

  • « Moi je ne dépasse pas 3 relations en même temps, c’est une question de disponibilité amoureuse. Quand je suis en relation amoureuse avec une femme, je suis complètement disponible pour elle, c’est du temps au téléphone, du temps pour se voir, du temps pour discuter ensemble. Et au-delà de 3 relations, je ne suis plus capable de gérer, je ne parviens plus à dégager autant de temps que je souhaite pour chacune.
  • J’ai un amoureux en Californie que je vois une fois par an. On se connait depuis qu’on a 8 ans, donc je le connais très bien et je sais qu’il est là. Je n’ai pas besoin de lui parler au quotidien. Même si je suis investie émotionnellement avec lui, il prend au final peu de place dans ma vie de tous les jours, ce qui me permet de m’investir avec d’autres amoureux.
  • Moi, pour être pleinement disponible pour mes amoureux, je sors aussi avec moi-même. Je garde un jour dans la semaine juste pour moi, cela me permet de recharger mes batteries et d’avoir ensuite de l’énergie pour mes relations. Mon samedi pour moi, c’est un besoin ! »

 

Sécurité affective

« J’ai besoin de sécurité car j’ai peur de ne pas être aimée. Comment trouver la sécurité affective ?

  • Je trouve ce que tu dis problématique. Tu attends quelque chose de quelqu’un (la sécurité), et je trouve que c’est un problème car alors tu te place en dépendance vis-à-vis des autres.
  • Moi, je trouve ma sécurité affective dans mes amitiés. Je me sens accompagnée par mes amis. Je n’attends pas de sécurité affective de la part de mes amoureux, je leur donne de l’amour et n’attends rien en retour.
  • Moi c’est la communication qui me permet de pallier mon insécurité.
  • Moi aussi, ma sécurité, c’est que mon compagnon me dise quand il a en eu marre de rester trop longtemps avec moi. »

« Comment éviter le bad trip après un moment génial ?

  • En se disant que quoi qu’il arrive je revivrai un moment fantastique dans 2 semaines »

 

Et VOUS ? Etes-vous en couple ? Dîtes-moi dans les commentaires ce que vous pensez du polyamour !

 

❤ Love ❤

Morgane Z.

Bien dans la vie, bien sous la couette

 

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