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J’ai testé pour vous le shibari

Mise en garde : Le shibari peut être dangereux. Avant de se lancer dedans, je conseille aux néophytes désireux de tenter seuls l’expérience de s’informer un minimum et de suivre des cours dispensés par des spécialistes de cet art. De même, un certain nombre de règles de sécurité est à prendre en compte (voir le paragraphe “Notions de sécurité” plus bas). 

“Le shibari est un art ancestral japonais qui consiste à attacher et suspendre des personnes généralement nues à l’aide d’une corde. Cette pratique est souvent considérée comme un fétichisme, particulièrement hors du Japon.
Pourtant, pour le spécialiste du maniement de la corde Kinoko Hajime, le shibari est une forme d’art à part entière. Il considère le shibari comme une pratique artistique et spirituelle où l’homme communique avec son modèle, qu’il s’agisse d’une jeune femme nue ou d’un arbre centenaire.”
(source : www.vice.com/fr)

Comment j’ai découvert le shibari ?

Pour le blog, j’ai récemment enregistré le témoignage d’un jeune homme qui m’a confié pratiquer l’art du shibari. Il m’a dit être excité à l’idée d’attacher sa partenaire à l’aide d’une corde, cela lui procure un sentiment de domination qu’il apprécie particulièrement. Quant à sa partenaire, elle aime la soumission ressentie sur le moment. Qu’il y ait attouchements / rapports sexuels ou non, ils goûtent une excitation sexuelle par cette pratique.

Et si j’essayais ?

logo de l'association Lyon shibari, evenement lyon, bondage japonais, cordes, encorder, attacher, sensualite, fetish, fetichisme, fantasme, pratiquesexuelle, domination , soumission, BDSM, masochiste, suspension, art, suspendre, fantasmer, sexualite, noeuds, femmesexy, art érotique, sadomasochiste, ropes, kinbakuMoi la curieuse de sexe, j’ai été intriguée par ce témoignage et ai fait ma petite recherche ! J’avais une vague idée de ce qu’était le bondage (définition Wikipedia : “pratique sadomasochiste qui consiste à attacher son partenaire dans le cadre d’une relation érotique ou sexuelle”), mais sans plus. Il se trouve qu’il existe une association qui enseigne cet art du bondage japonais sur Lyon Et qu’ils organisent des sessions découvertes ! Il n’en fallait pas plus pour me motiver ! Je me suis inscrite à une initiation de deux heures pour découvrir cet art qui en fait fantasmer plus d’un.

C’est parti !

Le rendez-vous était dans une grande pièce située au sous-sol d’un restaurant sur les hauteurs de la Croix rousse à Lyon. A peine arrivée, j’ai tout de suite apprécié l’ambiance : la pièce était bien chauffée, les bruits tamisés par les tatamis recouvrant le sol, et le groupe était de petite taille (12 personnes). J’ai été bien accueillie et ai ressenti de la bienveillance de la part des encadrants. On nous a demandé d’enlever nos chaussures et d’enfiler les vêtements souples et près du corps qu’on avait emmenés comme demandé. Puis on s’est tous assis sur les tatamis au sol et la séance a commencé…

Un peu d’histoire…

Après une présentation de chacun, l’atelier a débuté par un point théorique sur l’histoire de cette pratique un peu spéciale.

Le terme shibari (縛り) signifie  « attaché, lié » en Japonais. Il décrit l’art de ficeler les colis et désigne désormais le bondage japonais ou l’attache de personnes. Cependant, le terme juste est kinbaku (緊縛) qui signifie « lié de manière serrée ». Les samouraïs se sont servis les premiers de la corde pour capturer leurs ennemis. C’était alors un véritable art martial. Cette pratique s’est arrêté avec la fin des samouraïs. Seul un théâtre (kabuki) a continué à pratiquer l’attache de personnes afin de reproduire les histoires de batailles et de prisonniers. Puis quelques artistes ont revisité cet art et leurs publications ont permis de le repopulariser dans les années 50.

Pourquoi s’intéresser au shibari ?

Ensuite, nous nous sommes séparés en 3 groupes de 4, avec pour chaque groupe un formateur afin de continuer les explications et passer à la pratique. C’était quasiment un cours particulier ! On a échangé les motivations qui nous ont poussés à participer à cet atelier. Elles étaient de tout ordre : intrigue pour l’aspect sexuel de cette pratique, intérêt pour le sado-masochisme (définition Wiktionaire : “pratique sexuelle utilisant la douleur, la domination ou l’humiliation dans la recherche du plaisir”), attirance pour la dimension esthétique des encordements (patterns en losange, …), curiosité érotique, …

Les cordes

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Les cordes utilisées pour le bondage mesurent 8 mètres, ce qui est ni trop long, ni trop court ! Si la corde s’avère trop petite par rapport aux nœuds envisagés, il est possible d’assembler 2 cordes ensemble. En général, leur diamètre est de 8 mm. Les cordes peuvent être fabriquées à partir de différents matériaux :

  • Jute : la torsade se défait plus facilement que les autres matériaux ;
  • Chanvre : odeur forte (perso je n’aime pas du tout, on dirait que ça sent la chèvre !), corde plus dense, plus drue, plus épaisse ;
  • Jute + Lin : corde plus douce au toucher (ma préférée !), plus fine aussi donc risque de s’abîmer plus vite à l’usage.

On choisit sa corde au feeling : si on apprécie son toucher, son odeur, …

Préparation des cordes

Les cordes sont généralement fabriquées en Asie puis envoyées en France. Afin d’éviter que des petites bêtes les grignotent pendant le voyage, les cordes sont trempées dans du pétrole ou d’autres produits chimiques. Comme la pratique du shibari implique un contact avec la peau, il convient de préparer correctement ses cordes neuves afin d’éviter toute contamination (et mauvaise odeur). Le processus de préparation est comme suit :

  1. Faire bouillir 2 fois ;
  2. Faire sécher en suspension ;
  3. Frotter la corde contre un pied de chaise ou un support dur afin d’enlever les petits poils piquants ;
  4. Huiler la corde (il est recommandé d’utiliser de l’huile végétale de camélia) : passer la corde dans un chiffon huilé ;
  5. On peut éventuellement cirer la corde ;
  6. Ensuite, on peut frotter puis huiler sa corde de temps en temps afin de la nettoyer (la corde peut accrocher les peluches des pulls ou des résidus de peau et de transpiration si on pratique le shibari sur un modèle nu).

Notions de sécurité

Le bondage japonais est une activité non dangereuse mais qui comporte des risques. De plus, afin d’éviter toute situation dangereuse, il convient de suivre les règles suivantes :

  • Avoir une paire de ciseaux de sécurité à portée de mains si besoin de détacher en urgence (en cas de crise d’angoisse, s’il y a le feu, …).
  • Communiquer en permanence : avant la pratique, l’attacheur demande à son modèle s’il-elle a un tatouage récent (zone à éviter car sensible), des zones douloureuses à éviter, des piercings (à enlever si possible pour éviter d’accrocher la corde) ; pendant la pratique l’attacheur s’assure (en demandant à son modèle) que la tension de la corde n’est pas trop forte, que la corde n’appuie pas sur des nerfs ou des zones sensibles (si le modèle ne peut pas parler car la corde passe sur sa bouche, il convient de lui donner un mouchoir dans les mains qu’il-elle fera tomber en cas de problème), le-la modèle est également tenu-e d’informer spontanément son attacheur de tout problème ; à la fin de la session, les partenaires débriefent ensemble de ce qu’ils ont ressenti, le-la modèle dit ce qu’il-elle a aimé et pas aimé.
  • Eviter d’encorder les zones à risques : le cou et le sternum sont à éviter pour laisser le-la modèle respirer correctement, les articulations (coudes, genoux) sont à éviter également, ainsi que les nerfs importants comme le nerf radial au niveau du coude car il y a un risque de le garder bloqué jusqu’à 3 mois (vous savez, le nerf radial est celui qui donne des fourmis atroces si on se tape le coude sur une surface dure), en général les nerfs importants passent au niveau des creux des muscles (discernables au toucher).
  • Ne pas tirer les membres dans des positions non physiologiques, si on souhaite attacher les mains dans le dos (non physiologique), on veillera à ce que la position reste non douloureuse ou supportable.
  • Accompagner les mouvements des membres de son-sa modèle lors de l’attache (le-la modèle lâche complètement prise et c’est à l’attacheur de porter son bras contre sa cuisse s’il-elle souhaite attacher les deux ensemble par exemple).
  • Respecter la souplesse limitée de son-sa modèle.
  • Effectuer une double-vérification permanente au cours de la pratique : l’attacheur vérifie que son modèle ne présente aucun signe indiquant un problème quelconque, et le modèle vérifie en permanence que ses doigts et mains peuvent bouger (indiquant que le nerf radial n’est pas compressé).
  • Ne pas partir et laisser son-sa modèle seul-e alors qu’il-elle est attaché-e ! Le jeu d’abandonner le modèle à son sort peut s’avérer dangereux si un malaise ou tout autre problème survient et que personne n’est là pour intervenir.

Intention et consentement

Le consentement est à définir avant la pratique avec son-sa modèle. Il-elle indique à son attacheur ses limites : “Je ne veux pas être suspendu-e, qu’on me touche les cheveux, qu’on me prenne en photo, qu’il y ait d’acte sexuel, …”. Evidemment, l’attacheur respectera ces limites à la lettre.

Par ailleurs, il est intéressant de noter qu’une attache est une intention : une corde peut être douce et sensuelle ou à l’inverse dure et dominante. On montre l’intention dès qu’on commence à toucher son-sa partenaire pour l’attacher, par l’attitude, le contact, la façon d’attacher (rapide ou lente, en faisant glisser la corde sur le visage ou des zones sensibles dénudées, …). Tout comme le consentement, l’intention peut être choisie ensemble avant la pratique (par quelques mots simples).

Maintenant qu’on connaît toutes ces bases théoriques nécessaires, place à la pratique !!

Nœuds de base

On commence par prendre la corde et par la doubler en faisant une grande boucle. Le bout de la boucle est appelé “bight” (boucle ou anse en anglais), c’est par là que commenceront toutes les attaches. Le reste de la corde est appelé “corde vivante”.

nœud single pour pratiquer le shibari, evenement lyon, bondage japonais, cordes, encorder, attacher, sensualite, fetish, fetichisme, fantasme, pratiquesexuelle, domination , soumission, BDSM, masochiste, suspension, art, suspendre, fantasmer, sexualite, femmesexy, art érotique, sadomasochiste, ropes, kinbakuLe nœud de base par excellence est le “single” (simple ou seul en anglais, photo ci-contre). On fait deux tours d’un poignet ou d’une cheville, puis on attache le bight par une boucle avec la corde vivante. Ensuite, on est libre de continuer à attacher le corps tout entier à partir de cette simple attache.

Le second nœud de base est le “column” (colonne en anglais), c’est grosso-modo la même chose que le single, sauf qu’au lieu d’enserrer une seule cheville ou un seul poignet, il enserre les deux. Pour le réaliser, il convient de garder un bight plus long lorsqu’on fait les deux premiers tours. Ce nœud est intéressant pour menotter son partenaire.

Il existe d’autres nœuds plus avancés, à découvrir en prenant des cours plus approfondis de shibari !

Tension – Contre-tension – Friction

Pour que le moment soit sensuel et que s’établisse une connexion entre les partenaires, l’attacheur veille à garder une tension constante de sa corde. Ainsi, la corde vivante est toujours tendue. Le-la modèle doit sentir en permanence que la corde le-la tient fermement et n’est pas lâche. L’attache doit également avoir la bonne tension : suffisamment serrée sans stranguler le-la modèle. Même lors de la détache, l’attacheur s’assure de garder la corde toujours tendue, afin qu’il y ait des sensations jusqu’au bout.

Afin de maintenir une tension suffisante, il peut être intéressant de réaliser des contre-tensions. C’est une façon de ramener la corde dans le sens inverse, ce qui permet de bien la tendre. Pour bloquer une contre-tension (et que la corde ne glisse pas), on peut rajouter un tour, cela s’appelle alors une friction.

After-care (Soins post pratique)

Après l’attache, l’attacheur détache son modèle tout en maintenant la tension dans la corde afin de conserver la sensualité du moment. Puis les deux partenaires se remercient mutuellement, se câlinent, et débriefent ensemble. Ils peuvent se questionner “est-ce que tu as aimé ça ? et ça ?”.

J’ai demandé à ce qu’on m’attache intégralement pour “voir”

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Après avoir pratiqué les nœuds de base, attaché partiellement mon partenaire, et m’être faite attachée partiellement, j’ai demandé à notre encadrante de m’attacher intégralement (voir photo ci-contre !).

Elle m’a serrée les épaules, qu’elle a reliées à mes poignets “menottés”, eux-mêmes reliés à mes pieds et mollets liés. Autant dire que j’étais collée au sol et ne pouvais plus bouger !

Cette expérience m’a permise de mieux comprendre l’attrait qu’on peut avoir pour cette pratique :

  • J’ai ressenti une forte connexion avec mon attacheuse, je lui communiquais mes sensations et elle adaptait ses attaches pour respecter mes besoins ;
  • Bizarrement, c’était confortable ! Il s’avère plutôt agréable d’être serrée de partout. Un peu comme un pantalon taille haute qui nous maintient bien le ventre, ça a un côté agréable. De même, on est serré dans une position, c’est un peu comme si quelque chose nous câlinait en nous serrant bien fort ;
  • Contre toute attente, j’ai presque ressenti du plaisir : selon les zones attachées, la corde peut toucher des petits nerfs, ce qui procure des sensations. Par exemple, les pieds sont parcourus de nombreux nerfs, et quand cette zone est attachée, les sensations peuvent être fortes. Ensuite, lors de la détache, j’ai ressenti une certaine sensualité avec la corde : mon attacheuse faisait glisser la corde le long de mon corps, ce qui peut faire frissonner, chatouiller, …
  • Cette pratique nécessite un gros lâcher-prise : on s’abandonne totalement à son partenaire et on lui donne une grande confiance. Il-elle fait ce qu’il-elle veut de nous le temps de l’attache. On peut se retrouver dans des positions inhabituelles (particulièrement avec les suspensions), découvrir des zones sensibles de son corps, … J’imagine que ce lâcher-prise peut amener à un certain épanouissement, avec une meilleure sérénité dans les situations inconfortables de la vie.

 

Pour conclure, j’ai trouvé cette initiation très intéressante ! Le shibari peut sembler étrange au premier abord : quelle idée de vouloir attacher quelqu’un et le suspendre ? Mais il suffit de l’essayer sans à prioris pour comprendre les raisons d’apprécier cette pratique. Elle peut apporter beaucoup de plaisir, de sensations inconnues, et une connexion profonde avec son partenaire. Je conseille à tous les curieux d’essayer avec des personnes compétentes, vous pourriez être surpris !

 

Un grand merci à l’Association Lyon Shibari qui organisait cette initiation gratuitement ! Ils ont su accueillir les personnes intéressées avec bienveillance et les initier dans un cadre respectueux. Merci !!

 

Y-en-a t’il parmi vous qui fantasment à l’idée d’attacher leur partenaire ?

Répondez dans les commentaires !

 

 Love 
Morgane Z. la curieuse de sexe.

 


Sources
Crédits photographiques (par ordre d’apparition des images dans le texte)

 

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